
- Les choix de M. Pélisson
- Le silence de M. Gilles Pélisson
- Réouverture du SOFITEL en 2007
- Etat des recherches au SOFITEL
- Déplacement en Thailande
- Déblaiement du SOFITEL : situation au 26 mai
- Un corps retrouvé dans les ruines du SOFITEL le 18 mai
- Photos du SOFITEL prises le 12 mai
- 19 mai : Jean-Marc ESPALIOUX répond à l’AFP.
- Nouveau communiqué d’ACCOR
- ACCOR écrit à l’association
- Nouveau communiqué d’ACCOR
- Réaction de la part d’ACCOR concernant une plainte déposée aux USA
- Enfin un bilan de la part d’ACCOR
- Rencontre avec le groupe ACCOR
Paris, le jeudi 12 mai 2005
M. Jean-Marc ESPALIOUX
Président du Directoire
Groupe ACCOR
Monsieur le Président,
Le 9 mai dernier, j’ai pris l’initiative de contacter M. FOUROT pour connaître, une fois encore, l’évolution des opérations de déblaiement du site du SOFITEL.
J’ai appris à cette occasion, ce qui ne constitue pas véritablement une surprise, qu’un corps a été retrouvé le 3 mai sur le site du SOFITEL sans que l’on soit, à cette date du 9 mai, capable de m’en dire plus, ni sur le lieu précis de la découverte, ni sur le corps lui-même (enfant ou adulte)
Le 10 mai au matin, vous avez eu l’obligeance de me confirmer en personne cette information tout en me précisant que le problème doit être traité, non pas par ACCOR, mais par les autorités publiques. Cependant, vos diligences auprès de la police thaïlandaise vous permettent de m’annoncer à midi que les ossements retrouvés sont ceux d’un adulte
Force est pour nous de constater que l’évolution de la situation confirmer un scénario que nous redoutons depuis l’origine.
De façon à être tout à fait complet, je vais au préalable me permettre un rappel qui démontre que nous pressentions cette situation dramatique depuis bien longtemps.
Pour mémoire et en synthèse :
Le 24 janvier 2005, Patrice GICQUEL se rend sur le site du SOFITEL et constate avec effroi que le site est dans le même état qu’au 26 décembre. Mme BAILLEUL qui l’avait précédé de quelques jours avait fait le même constat. Le 25 janvier, je rencontre Mme Cathy KOPP, DGRH d’ACCOR accompagnée de M. Jacques CHARBIT, DG Communication. Ceux-ci, contre toute vérité, expliquent que le site a été déblayé, qu’il ne reste même plus rien dans les chambres et promettent, pour me tranquilliser, que le site fera l’objet d’un nouvel examen pour récupérer les derniers effets personnels.
Le 31 janvier, Monsieur Léon BERTRAND, Ministre délégué au Tourisme, s’entretient à l’aéroport de BANGKOK avec Jérôme et Florence PHLIPON et se dit lui-même choqué de l’état du site qu’il décrit comme non dégagé. Il prend l’engagement de vous faire part de son sentiment dès son retour à PARIS ;
Le 8 février, je rencontre Mme Nicole GUEDJ, Secrétaire d’Etat aux droits des victimes et attire ponctuellement son attention sur le fait que le site n’est toujours pas dégagé.
Le 15 février, vous êtes vous-mêmes interrogé en public alors que vous êtes l’invité du Forum HEC-Les-Echos, par MM. HARTWIG et GUYARD, membres de notre association, sur la situation de votre hôtel. Lors d’un aparté, quelques minutes après, vous promettez de vous saisir dès le lendemain de cette question.
Le 25 février, à BANGKOK, les familles PHILIPON et GICQUEL rencontrent MM. AUBLIN, ambassadeur de France en Thaïlande, et Du BOISPEAN, chargé de mission auprès des familles par M. BARNIER. M. Du BOISPEAN revient alors de la zone sinistrée et il a pour la première fois visité le site du SOFITEL, Il se dit choqué par l’abandon de l’hôtel qui n’a pas été déblayé depuis la catastrophe.
Le 2 mars, M. Du BOISPEAN, lors d’une rencontre avec divers membres de l’Association, se risque même à dire : "L’hôtel n’est pas déblayé et ça sent le cadavre" (sic)
Le 3 mars, nous attirons votre attention par un courrier en vous précisant qu’à notre avis, il est vraisemblable que des corps puissent se trouver encore dans les ruines et nous vous demandons de nous informer de l’état exact dans lequel se trouve à cette date l’hôtel.
Le 10 mars, sous la signature de M. Pierre TODOROV, secrétaire général et DG juridique de votre Groupe, la responsabilité de la recherche des corps est une nouvelle fois renvoyée vers les autorités publiques. Vous nous indiquez alors que le site a été maintes fois visité par les professionnels de la recherche des corps mais également par des délégations officielles et que vous pouvez donc légitimement imaginer qu’il ne reste plus sur place de corps. Toutefois, vous nous indiquez que vous allez effectuer une nouvelle démarche auprès de la police thaïlandaise et tenter d’obtenir du propriétaire (nous en déduisons tout juste que ce n’ est pas ACCOR à notre grande surprise), l’autorisation de déblayer totalement la zone. Vous ne faites part d’aucune précision sur l’identité du propriétaire, sa présence ou non, et encore moins ses motivations.
Le 19 mars, au Centre de Conférences internationales de Paris, se tient une réunion plénière des familles, présidée par M. BARNIER et Mme GUEDJ, à laquelle assistent notamment le Directeur Général de la Police, le Directeur Général de la Gendarmerie, les ambassadeurs concernés, MM. TODOROV, FOUROT, BASSET, directeur des opérations d’ACCORD en Thaïlande et Mme KOPP. La question du déblaiement est de nouveau posée. Elle a d’ailleurs été relayée par un article paru dans le journal LE MONDE le même jour. Monsieur BARNIER s’indigne publiquement de la situation et de l’abandon dans lequel ACCOR a laissé le site.
Le 24 mars, quatre membres de l’Association (Moi-même, mon frère Patrice, Jérôme PHILIPON et Hadrien DE BROSSES) se rendent sur place et constatent la présence d’une centaine de villageois environ, lesquels, aidés d’engins tels qu’une pelleteuse et un bulldozer et 4 ou 5 camions, sont en train de débarrasser les gravats. Deux représentants d’ACCOR sont présents, MM. BASSET et FONTENILLE qui ont fait le déplacement de BANGKOK pour la journée. Cependant, ils restent à l’écart, à la réception. Ils ne surveillent pas donc pas le travail des engins.
Les débris sont chargés sans aucune surveillance dans les camions et transportés à quelques centaines de mètres à la lisière de l’hôtel. Les fondations de l’hôtel, mises à nu par le tsunami, révèlent de très importantes cavités qui manifestement ne sont pas fouillées.
Rien de permet de penser que les gravats déplacés ne recèlent pas de cadavres.
Le 28 mars, la situation est tellement préoccupante que nous rencontrons M. AUBLIN en lui demandant de faire surveiller les opérations de déblaiement de façon à vérifier que des corps ne soient pas dissimulés. Cette démarche restera sans suite.
Le 19 avril, vous nous recevez et nous indiquez que le site a été déblayé entre le 22 et le 30 mars (le 10 avril pour les piscines). Nous vous faisons part de nos inquiétudes persistantes en ce qui concerne les fondations ainsi que les gravats déplacés. Vous nous indiquez que vous entendez que le déblaiement soit "exemplaire", pour reprendre votre expression.
Le 22 avril, vous me téléphonez pour confirmer avoir donné des instructions visant à ce que le déblaiement soit repris et qu’il soit véritablement "exemplaire".
Le 29 avril, M. FOUROT me téléphone pour m’annoncer que le 3 mai, la police interviendra de nouveau sur le site en présence d’un représentant de votre société.
C’est cette intervention qui donnera lieu à l’annonce faite par M. FOUROT le 9 mai.
Vous comprenez en reprenant ce qui précède que nous ne puissions pas être étonnés par cette nouvelle puisque nous la pressentions depuis l’origine. Nous sommes d’ailleurs persuadés que d’autres corps devraient être retrouvés. Je vous rappelle vos propres estimations selon lesquelles à ce jour, 150 corps ont été récupérés sur le site, alors que le bilan des victimes du SOFITEL est d’au moins 220 victimes. Aujourd’hui même, jeudi 12 mai, Patrice GICQUEL est retourné sur le site accompagné du commandant André et du Capitaine LAROCHE, deux officiers de la gendarmerie française, ainsi que KEMMARIN HASSIRI, commandant thaïlandais de la police du district, et du Colonel SOM. se sont à nouveau déplacés de BANGKOK pour la journée, deux représentants de votre société, MM. BASSET et SEIGNEUR.
Le constat fait est d’une part le retour de deux pelleteuses cassant les dalles à l’avant de l’hôtel toujours sans surveillance et d’autre part, le fait que les fondations de l’hôtel n’on vraisemblablement toujours pas été correctement sondées.
Surtout, 8 jours après la découverte du corps, la plus grande confusion et opacité semblent encore de mise concernant les ossements en dépit de votre certitude du 10 mai.
Cette situation nous conduit dès lors à vous inviter à définir dans des conditions transparentes et acceptées à la fois par les représentants de notre Association ainsi que des autorités concernées, une procédure de déblaiement qui permette une fois pour toutes de s’assurer :
de l’absence de victimes dans les gravats déplacés courant mars,
de l’absence de victimes dans les fondations non encore fouillées,
de l’achèvement dans des délais et des conditions convenables du nettoyage du site, de façon "exemplaire".
Il n’est jamais plaisant dans une telle occurrence d’avoir raison. La moindre des choses est cependant que chacun en tire les conséquences.
Nous avons eu raison de redouter les conséquences de ce que nous considérons comme un abandon du site de l’hôtel par ACCOR depuis de nombreuses semaines.
Il faut désormais que dans ces conditions indiscutables, chacun prenne ses responsabilités sans se réfugier derrière les prérogatives des uns et des autres.
Parce que vous vous êtes engagé fermement et personnellement à mettre en œuvre un déblaiement "exemplaire", il incombe à votre société de prendre la direction des opérations et de faire en sorte que tous les obstacles soient enfin levés sans nouveau délai et sans atermoiements.
De façon à ce que notre position soit connue de tous, j’adresse copie des présentes à Madame la Secrétaire d’Etats aux Victimes ainsi qu’à Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, à Monsieur le Ministre de l’équipement, des transports, de l’aménagement du territoire, du tourisme et de la mer, à Monsieur le mInistre délégué au Tourisme, à Madame le Ministre de la Défense ainsi qu’à Monsieur le mInistre de l’Intérieur.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de mes sentiments les plus distingués.
Stéphane GICQUEL
Président de l’Association
Haut de page | Accueil | Plan du site | Contact
"Association de soutien aux victimes résidant au SOFITEL Magic Lagoon Resort de Khao-Lak lors du tsunami du 26 décembre 2004"
Association loi 1901 déclarée à la Préfecture de Police de Paris (n° 00169115 - JO du 12 mars 2005)
Agrément du Ministère de de la Justice au titre de l'article 2-15 du CPP (arrêté du 23 nov. 2005 - JO du 7 déc. 2005)
Membre de la FENVAC (Fédération Nationale des Victimes d'Accidents Collectifs)
