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6 mois après, les familles en lutte "contre l’oubli"
PARIS (AP) Le 25 juin 2005— Six mois après le tsunami qui a dévasté l’Asie et fait 95 victimes françaises, majoritairement en Thaïlande, la préoccupation des familles est aujourd’hui qu’on ne les oublie pas. Reçues samedi à Paris par le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, elles ont insisté pour que les recherches se poursuivent, alors que 25 de ces victimes n’ont toujours pas été identifiées.
Refusant pour l’instant encore l’idée d’une quelconque cérémonie officielle tant que tous les morts n’auront pu être retrouvés, l’Association des victimes et rescapés appelait cependant à une cérémonie symbolique dimanche, six mois jour pour jour après le drame, sur le Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro.
« Pour qu’on n’oublie pas les Français touchés par le tsunami », et pour dire que « les recherches doivent continuer », a précisé sa présidente, Violaine-Patricia Galbert au cours d’une conférence de presse suivant la réunion d’information.
Pour Mme Galbert, outre les familles des disparus confrontées à ce travail impossible du « deuil sans corps », il a y aussi les blessés et rescapés, dont certains sont « parfois morts dans leur tête ». Et qui « se sentent extrêmement abandonnés ».
Six mois après, 25 disparus n’ont toujours pas été identifiés, dont 16 enfants. C’est là la priorité absolue des familles, dans une affaire où les lenteurs ont été souvent dénoncées.
Après épuisement des identifications par d’autres méthodes, six mois après, le « seul espoir qui reste aux familles, c’est l’ADN », a constaté Jean-François Hartwig, porte-parole de l’Association de soutien aux victimes du Sofitel Kao Lak.
A cet effet, les autorités thaïlandaises ont confirmé l’envoi, décidé en mai après moult cafouillages, des prélèvements ADN des corps non-identifiés, environ 1.700 à 1.900, au laboratoire spécialisé de l’ICMP (Commission internationale pour les personnes disparues) de Sarajevo (Bosnie). Les résultats devraient arriver d’ici deux mois et permettre d’accélerer le traitement ce douloureux dossier.
L’autre gros thème sur lequel les familles ont été informées en détail ce samedi est celui des recherches. C’est sous leur pression que les fouilles avaient repris sur le site du Sofitel Khao Lak, après y avoir été abandonnées. A cet effet, le colonel thaïlandais responsable de ces recherches a fait le point, expliquant avoir eu peu de succès au Sofitel, où se trouvaient de nombreux Français, et entamer donc les travaux dans d’autres hôtels de Khao Lak, toujours pas explorés depuis le 26 décembre.
Mme Galbert, elle, a réclamé à la Thaïlande, décisionnaire en la matière, que les recherches reprennent également sur l’île de Ko Phi Phi, « pas complètement déblayée ». Une proposition également soumise par le ministre.
M. Douste-Blazy s’est aussi livré à une « autocritique » attendue, reconnaissant les « manques » et « insuffisances » dans la gestion par les autorités françaises de cette crise sans précédent. En rappelant que les premiers jours après le 26 décembre, la cellule de crise du Quai d’Orsay avait eu à gérer quelque 35.000 appels, il a indiqué être en train de « mettre au point une procédure nouvelle » pour pouvoir mieux faire face et tirer les leçons de l’expérience.
Au delà, notant la rapidité d’intervention américaine avec sa véritable armada déployée en Indonésie, M. Douste-Blazy des Américains, il a insisté sur la nécessaire création de cette force humanitaire de réaction rapide que la France appelle de ses voeux au niveau européen.
Il a également fait état de la mise en oeuvre, dans les prochains jours, des procédures de restitution des objets personnels aux familles, et de la mise en place d’un « interlocuteur unique » au Quai d’Orsay pour faciliter les contacts avec les familles.
(pour Associated Press, Nicole Chavranski)
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"Association de soutien aux victimes résidant au SOFITEL Magic Lagoon Resort de Khao-Lak lors du tsunami du 26 décembre 2004"
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