logo ARTICLE 149
Le 12 février 2006
Dans la même rubrique :
France5.fr
La polémique Khao-lak sur le Web

Design raffiné, piscine-lagon, sable fin : le Sofitel Magic Lagoon de Khao-Lak avait tout du complexe paradisiaque qu’aiment vanter les brochures touristiques. Mais le 26 décembre 2004, le paradis est devenu l’enfer en l’espace de quelques minutes.

Les photos du lieu "avant/après", publiées sur le site du ministère des Affaires étrangères, en attestent. 130 touristes et 54 membres du personnel de ce cinq étoiles géré par Accor ont été emportés par le raz-de-marée.

Pourquoi tant de morts, là, précisément ? Fatalité ou conséquence de malheureuses négligences ? Les familles des victimes s’interrogent. Et créent une association de soutien, qui compte aujourd’hui 1 000 membres.

Le site Internet de l’association est sobre et efficace. On y trouve des éditos - le dernier est consacré à la date anniversaire du tsunami -, une newsletter, des bilans réguliers sur les identifications des corps, les comptes-rendus des rencontres avec les ministres et les représentants d’Accor.

Dans la rubrique "Médias", des articles de presse et des vidéos sont téléchargeables. Parmi celles-ci, l’émission "Complément d’enquête" de juin 2005. L’équipe a suivi Patrice Gicquel, qui a perdu femme et enfants à Khao-Lak. Son retour à l’hôtel, en mars, est filmé. Mauvaise surprise : le site est resté tel quel, "exactement dans le même état depuis trois mois".

Un responsable d’Accor affirme que le site a été fouillé plusieurs fois. Pourtant, quelques semaines plus tard, en mai, on apprend qu’un corps a été retrouvé dans les décombres. Les familles doutent ; Patrice Gicquel se demande si Sofitel a été à la hauteur, le jour du tsunami.

Un représentant d’Accor et le directeur de l’hôtel donnent leur version des faits, face à la caméra de "Complément d’enquête". L’association n’est pas convaincue... et finit par porter plainte contre X, le 5 septembre 2005, visant implicitement le groupe hôtelier Accor et la direction du Sofitel. Le parquet ouvre une enquête préliminaire.

Accor réplique via un communiqué : "Tout ce qui pouvait être tenté dès le début de cette catastrophe l’a été". En conclusion de ce texte, Accor souligne que "54 de ses collaborateurs sont morts, dont certains en sauvant des vies".

"Le même jour, Accor a fait dire par son avocat que notre objectif était de déstabiliser un groupe coté en Bourse", déplore Stéphane Gicquel, le frère de Patrice et président de l’association de victimes, joint par téléphone.

A propos de la mise en place d’un site intitulé Solidarités tsunami par le groupe hôtelier, il commente : "Leur site est très beau, très bien structuré, mais ils y oublient plein de choses. Par exemple, qu’un corps a été retrouvé au Sofitel au mois de mai !".

A ce jour, tous les plaignants rescapés ont été auditionnés. Devraient suivre les responsables de l’hôtel et les dirigeants d’Accor. "Fin janvier-début février, le parquet décidera s’il désigne un juge d’instruction", explique Stéphane Gicquel.

En attendant, les familles des victimes se sont rendues sur place, le 26 décembre 2005, un an après le tsunami. La page "Actualités" du site d’Accor précise : "Les collaborateurs de Accor Thaïlande se sont mobilisés pour accueillir les familles des clients et les accompagner". "Faux", réplique monsieur Gicquel. "Nous n’avons même pas été invités à la cérémonie organisée sur le site de l’hôtel".

Sites visités entre les 2 et 4 janvier 2006. Lise Martin

 

 

 


Haut de page | Accueil | Plan du site | Contact
"Association de soutien aux victimes résidant au SOFITEL Magic Lagoon Resort de Khao-Lak lors du tsunami du 26 décembre 2004"
Association loi 1901 déclarée à la Préfecture de Police de Paris (n° 00169115 - JO du 12 mars 2005)
Agrément du Ministère de de la Justice au titre de l'article 2-15 du CPP (arrêté du 23 nov. 2005 - JO du 7 déc. 2005)
Membre de la FENVAC (Fédération Nationale des Victimes d'Accidents Collectifs)