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Le 1er août 2005
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Les accrocs d’ACCOR

Que Choisir Numéro 428 (juillet-août 2005).

Pour l’Association des victimes du Sofitel de Khao-Lak, le géant français de l’hôtellerie n’a pas rempli les obligations qui étaient les siennes.

Des centaines de milliers de morts, des régions entières dévastées. Six mois, déjà, que le tsunami a tout emporté sur son passage. Si l’eau s’est retirée, les larmes coulent encore. « Alors que nous voudrions sérénité et apaisement, le doute nous ronge petit à petit, insidieux, douloureux, violent même », écrit, dans un Appel des familles, l’Association de soutien aux victimes résidant au Sofitel Magic Lagoon de Khao-Lak (Thaïlande), l’hôtel qui a connu le plus de victimes (autour de 200 morts dont 41 Français). Si l’association est rongée par le « doute », c’est surtout à cause de l’attitude d’Accor. Certes, le géant français de l’hôtellerie (Sofitel et aussi Formule 1, Ibis, Novotel...) n’était pas propriétaire du site. Mais il avait accordé sa marque. « Accor est dès lors comptable de ce qui n’a pas été fait » tranche le président de l’association, Stéphane Gicquel, dont le frère a perdu sa femme et ses trois enfants.

Ce terrible « doute » est d’abord alimenté par plusieurs questions sans réponse. Par exemple, celle-ci : « Pourquoi le Sofitel n’a-t-il pas été évacué avant l’arrivée de la vague alors que plusieurs hôtels voisins l’avaient été ? », s’interrogent les familles des victimes. « Que puis-je leur dire, questionne à son tour, Jean-Marc Espalioux, PDG d’Accor. Nous avons, nous aussi, perdu beaucoup de collaborateurs. » Autre grief adressé au groupe hôtelier, le non-déblaiement du site dans les endroits les plus difficiles. « En mai, on retrouvait encore des corps dans les décombres. Il doit en rester. Mettez-vous à la place des familles qui n’ont toujours pas récupéré les dépouilles de leurs proches », s’indigne Stéphane Gicquel. « Notre marge de manœuvre est limitée puisque les murs ne nous appartiennent pas », insiste Accor. Avant de préciser que « les lieux ont été gelés pendant plusieurs semaines, le temps de mener des expertises pour les assurances », A la demande insistante de l’association, le groupe a fini par accepter de financer, début juin, l’envoi sur place d’une mission de trois pompiers bénévoles. Experts en déblaiement, ils devaient faire un rapport précis de la situation à l’association (état de lieux, moyens nécessaires...).

Enfin, il y a ces images qui ont choqué : ces inscriptions « Sofitel » sur des panneaux, que l’on s’est empressé de recouvrir de peinture, comme pour vite tourner la page : les effets personnels des touristes entassés dans un coin alors que le matériel de l’hôtel (vaisselle, literie...) a été soigneusement regroupé, nettoyé et rangé.

Un seuil difficile

Mais les familles adressent aussi des reproches au gouvernement français. Si elles rendent hommage au travail des policiers et gendarmes envoyés en Asie pour identifier les corps, le porte-parole de l’association, Jean-François Hartwig, déplore « l’absence de coordination entre les divers ministères, les paroles réconfortantes qui n’ont pas été suivies d’actes et le manque de soutien pour certaines démarches(1) ».

Au deuil s’ajoute donc la rancœur. « Ils ne nous comprennent pas », soupire Stéphane Gicquel. « Nous n’arrivons pas à comprendre ce qu’ils veulent », rétorque Jean-Marc Espalioux. Dans la gestion de l’après-Tsunami, les victimes et leurs proches attendaient une réaction à la hauteur de l’évènement de la part des autorités françaises et d’un groupe d’envergure mondiale. Elles étaient en droit de l’espérer.

Arnaud de Blauwe

(1) Le gouvernement a néanmoins rendu plus rapide les procédures juridiques de déclaration d’absence. En outre, début juin, il a envoyé sur le site un gendarme accompagné de chiens spécialisés dans la recherche de personnes ensevelies.

 

 

 


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"Association de soutien aux victimes résidant au SOFITEL Magic Lagoon Resort de Khao-Lak lors du tsunami du 26 décembre 2004"
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