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Le Monde - 5 sepotembre 2005 - B.HOPQUIN
Des familles des victimes françaises du tsunami ont déposé, lundi 5 septembre, auprès du parquet de Paris, une plainte contre X... pour homicide involontaire et défaut d’assistance à personnes en péril. Regroupées au sein de l’association des victimes du Sofitel de Khao Lak, elles souhaitent, selon Stéphane Gicquel, le président, "l’aide de la justice pour obtenir la vérité et être enfin apaisées". "Au-delà du phénomène naturel, il y a eu des défaillances humaines, poursuit M. Gicquel. Il y a des enseignements à tirer pour que cela ne se reproduise plus."
Le Sofitel de Khao Lak a particulièrement souffert de la vague dévastatrice, le 26 décembre 2004. 189 personnes ont péri dans cet établissement. Quarante-deux Français sont morts là sur les 95 qui ont succombé, victimes du tsunami (90 en Thaïlande, 4 au Sri Lanka, 1 en Inde). Six corps n’ont toujours pas été identifiés sur ce site. "Il y a eu en proportion beaucoup plus de morts dans cet hôtel que dans les autres, constate M. Gicquel. Près de la moitié des morts français de Thaïlande était ici. Nous nous interrogeons sur cette particularité."
Depuis huit mois, les familles tournent et retournent le problème. La vague a ravagé le Sofitel Magic Lagoon à 10 h 36. Mais le tremblement de terre préalable avait été ressenti à Khao Lak dès 8 h 15. Avant de déferler, la mer s’était brutalement retirée au loin pendant plusieurs dizaines de minutes. A 10 h 20, la direction de l’hôtel avait été avertie par un appel téléphonique d’un risque. Dans cet enchaînement d’événements, la plainte dénonce le manque de réaction et de formation des personnels. Elle reproche également le choix de l’emplacement de l’hôtel qui aurait été considéré comme une zone à risque par les habitants des environs.
Josée Bailleul, qui a perdu son mari et un fils à Khao Lak, s’est associée à la plainte. Elle a, elle-même, été emportée par la vague et s’en est sortie miraculeusement. "Lorsque la mer s’est retirée dans un premier temps, les gens se sont posé des questions sur l’attitude à adopter. Personne n’est venu nous informer. Il n’y a pas eu d’alerte. Quand on nous a dit de partir, il était trop tard : la vague était sur nous, raconte la rescapée. Il nous a manqué dix minutes pour nous enfuir." Mme Bailleul reproche également à Accor sa gestion de l’après-tsunami. "Ils n’ont guère été présents lors des évacuations. Lorsque je suis retournée sur place, plusieurs semaines après, afin d’obtenir des informations sur mon mari et mon fils, j’ai retrouvé les valises et les effets personnels pêle-mêle. Ils ne nous ont presque pas prodigué d’aides jusqu’à ce que les familles se plaignent au ministère des affaires étrangères, au mois de mars."
"TRAVAIL DE DEUIL"
Accor a toujours contesté cette interprétation de la catastrophe. La société fait valoir que du personnel a été envoyé sur la plage afin de prévenir les baigneurs. Certains employés ont d’ailleurs péri à cette occasion. "Tout ce qui pouvait être tenté l’a été, assurait le groupe dans un récent communiqué. Malheureusement, beaucoup de collaborateurs ne sont plus là pour en témoigner." "Depuis la catastrophe, Accor entretient des relations continues avec les familles de victimes", assure également la société. "Je comprends que le travail de deuil soit douloureux, explique Francis Chouraqui, avocat du groupe Accor. Après la catastrophe, il est facile de dire ce qui aurait pu être fait. Mais il n’y a eu aucune défaillance du personnel."
La plainte vise également les services de la météorologie thaïlandaise. Dès 1998, un spécialiste avait évoqué l’hypothèse d’une telle catastrophe et plaidé pour des mesures de protection. "Les seules conséquences de cette mise en garde seront l’éviction de ce haut fonctionnaire" , assure la plainte.
BENOIT HOPQUIN
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"Association de soutien aux victimes résidant au SOFITEL Magic Lagoon Resort de Khao-Lak lors du tsunami du 26 décembre 2004"
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