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Source : Le Figaro du 19 Mai
Tanguy Berthemet
Près de cinq mois après la catastrophe, tous les corps n’ont pas encore été identifiés
Il y a dans leur voix un curieux mélange de fatigue, de déception et de colère.
Près de cinq mois après le tsunami qui a ravagé l’Asie du Sud-Est, les proches des victimes françaises du drame sont toujours seuls avec leurs questions. Alors aujourd’hui elles accusent : « Nous avons le sentiment d’être écoutés mais pas entendus », affirme Jean-François Hartwig, le porte-parole de l’Association de soutien aux victimes résidant au Sofitel de Khao-Lak.
Le 26 décembre, 205 personnes sont mortes dans cet hôtel de luxe situé près de Phuket. Sur les 95 Français qui auraient trouvé la mort en Thaïlande, 41 se trouvaient dans ce complexe. Reste qu’aujourd’hui, seules 150 dépouilles ont été retrouvées dans les débris. « On peut comprendre la catastrophe. On peut comprendre les difficultés à retrouver les corps. Mais ce que l’on ne comprend pas, c’est que tout n’ait pas été mis en oeuvre pour découvrir les victimes. Il y a là quelque chose d’étrange », s’énerve Thierry Gicquel, dont le frère aîné a perdu sa femme et ses deux enfants ce matin-là.
Dans un appel lancé hier, l’association a donc rendu publiques ses doléances, pointant du doigt le groupe hôtelier Accor, propriétaire du Sofitel, soupçonné de « traîner des pieds ». A les entendre, au début du mois de mars, le site du Magic Lagoon « n’avait toujours pas été déblayé alors que les hôtels voisins avaient depuis longtemps terminé les recherches ». Les opérations ont finalement débuté en mars. « Ce sont des paysans thaïlandais qui ont évacué les gravats à la main et à l’aide de bulldozer. Il n’y avait aucun spécialiste de la recherche de corps sur place et ni les fondations ni les égouts n’ont été fouillés. Dans ces conditions comment voulez-vous être certain qu’il ne reste plus de victimes dans les bâtiments ? », interroge Jean-François Hartwig. Hier, il se disait même « certain du contraire ». La preuve lui a été apportée mercredi avec la découverte d’une nouvelle dépouille au coeur du Sofitel. Une « victoire » pour Flore de Brosse qui a probablement retrouvé là le corps de sa mère. « Mais cela ne doit rien au hasard. Il a fallu que l’on se batte pour obtenir ce résultat. »
Comme toute l’association, elle exige donc qu’une nouvelle campagne soit menée « avec toutes les précautions et en présence d’experts français ». Mais pour l’heure leur demande semble vaine. De son côté, Jean-Marc Espalioux, le PDG d’Accor affirme que son groupe « a fait tout ce qu’il a pu » pour les familles.
Dans leurs accusations, des familles n’épargnent pas non plus les autorités françaises ; dysfonctionnement, absence d’information, inertie. En dépit des rendez-vous réguliers avec les « plus hautes autorités », Jean-François Hartwig assure avoir toujours eu l’impression d’être traité « comme un gêneur ». Il s’étonne surtout de la lenteur avec laquelle les corps sont identifiés. « Les équipes de la gendarmerie font un travail formidable. Mais ils ne sont pas assez nombreux. Aujourd’hui il n’y a que 53% des Français qui on pu être rendus à leur famille. » Face à ces attaques, un diplomate français rappelle « la France n’est pas toujours décisionnaire. Ce sont des autorités thaïlandaises qui coordonnent les opérations ». Une réponse dont les parents des victimes ne veulent plus se satisfaire.
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"Association de soutien aux victimes résidant au SOFITEL Magic Lagoon Resort de Khao-Lak lors du tsunami du 26 décembre 2004"
Association loi 1901 déclarée à la Préfecture de Police de Paris (n° 00169115 - JO du 12 mars 2005)
Agrément du Ministère de de la Justice au titre de l'article 2-15 du CPP (arrêté du 23 nov. 2005 - JO du 7 déc. 2005)
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