Il y a quelques jours, donnant suite à une plainte « contre X » déposée par notre association et des familles de victimes, le Parquet de Paris a décidé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour qu’enfin toute la lumière soit faite sur la gestion du risque et de l’alerte ce 26 décembre au SOFITEL de Khao-lak.
Dans les prochaines semaines, la police judiciaire va ainsi procéder à l’audition notamment des rescapés et des responsables de l’hôtel ainsi qu’à l’étude des nombreux documents présentés par nous. Alors que la Thaïlande a semble-til décidé finalement de garder secret les conclusions de sa propre enquête officielle sur le tsunami, l’action ouverte en France est peut être la seule possibilité pour toutes les victimes de connaître la vérité.
Déposer une plainte est sans conteste une nouvelle épreuve, alors même que pour certaines familles l’attente des identifications se prolonge encore douloureusement (10 français restent encore à identifier, dont 4 au SOFITEL). Une nouvelle épreuve, difficile mais nécessaire.
Cette démarche a été longuement mûrie, et n’est pas guidée par la douleur, la haine et encore moins par une quelconque motivation pécuniaire. Au fil des mois, mais aussi au fil des approximations, des dénis et surtout des mensonges en particulier du groupe ACCOR, demander l’aide de la Justice nous est apparue comme la seule solution pour enfin savoir et comprendre. Comprendre notamment pourquoi une alerte reçue n’a pas été suivie des mesures adéquates.
Pourtant, cette vérité est également importante à nos yeux pour tirer tous les enseignements de ce drame et cela pour le bénéfice de tous, et notamment des populations locales qui aujourd’hui doivent continuer à vivre et travailler dans ces zones à risques.
Par delà la force destructrice du tsunami, notre conviction est aujourd’hui que des vies auraient pu être sauvées mais également que demain quand une nouvelle catastrophe se produira des vies doivent être sauvées.
Ni l’ampleur d’une catastrophe, ni l’invocation de la fatalité ne doivent être une chape de plomb empêchant les réflexions légitimes et nécessaires tant en amont qu’en aval. Beaucoup est à faire concernant la gestion des risques naturels, les mesures de sécurité et de protection des populations.
Avec cette enquête aujourd’hui en cours, notre espoir et notre attente sont que la réflexion soit effectivement largement ouverte et que chacun puisse assumer et prendre ses responsabilités, tirer concrètement les conséquences de ses manquements et insuffisances.
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"Association de soutien aux victimes résidant au SOFITEL Magic Lagoon Resort de Khao-Lak lors du tsunami du 26 décembre 2004"
Association loi 1901 déclarée à la Préfecture de Police de Paris (n° 00169115 - JO du 12 mars 2005)
Agrément du Ministère de de la Justice au titre de l'article 2-15 du CPP (arrêté du 23 nov. 2005 - JO du 7 déc. 2005)
Membre de la FENVAC (Fédération Nationale des Victimes d'Accidents Collectifs)
